Liliane Hilaire-Pérez
Professeure
liliane.hilaire-perez@u-paris.fr
Présentation | Ouvrages | Autres publications | Valorisation
Présentation
Mes recherches se situent à la croisée de l’histoire des savoirs techniques, des institutions et des marchés à l’époque moderne. Après mon doctorat (L’invention technique au siècle des Lumières, Albin Michel, 2000), j’ai analysé l’émergence d’une culture opératoire dans l’artisanat à Londres, en lien avec la montée en puissance de l’économie du produit et l’extension des réseaux de sous-traitance (La pièce et le geste. Artisans, marchands et savoirs techniques à Londres au XVIIIe siècle, Albin Michel, 2013).
Je travaille actuellement sur la place des juifs dans cette économie sectorielle. Dans mon dernier ouvrage (Le livre de poche de Salomon Hyman. Juifs, industrie et commerce entre Paris et Londres au xviiie siècle, Albin Michel, 2026), j’ai montré, par l’étude rapprochée d’un banal livre de comptes en yiddish, appuyée sur une base de données HEURIST [https://heurist.huma-num.fr/heurist/lhp_Hyman] que la judéité de Hyman et le caractère évident des « liens forts » dans son commerce comme ne signifie aucune marginalisation. Hyman est le relais en France de l’industriel anglais Matthew Boulton dont la manufacture de quincaillerie de Soho, à Birmingham, est un haut-lieu de l’Industrial Enlightenment. Cette intégration aux dynamiques transmanche du capitalisme anglais se marque dans la langue même de Hyman, forgée par des déplacements et des flux de tous ordres. La complexité de son profil est un outil pour la compréhension des reconfigurations des identités juives au xviiie siècle.
Dans mon nouveau projet, « Une histoire juive de la Manche au xviiie siècle »,dans le cadre d’une délégation à l’IHMC, je propose une étude de l’insertion des juifs dans l’économie transmanche au xviiie siècle comme observatoire des recompositions de leur identité. Le projet croise des sources énumératives avec des archives de la pratique, au ras des individus, afin de comparer jusque dans leurs techniques scripturaires, l’extrême variété des situations d’interculturalité. De manière expérimentale, l’un des volets du projet concerne la détermination d’un modèle d’IA pour l’analyse de la correspondance commerciale en yiddish de deux frères, marchands à Rouen en 1770, les Louis de Berlin (projet NUMINTER, financement BRIO de l’université Paris Cité, en collaboration avec Valentina Fedchenko (INALCO), Stéphanie Chapuis-Desprès, Karl Gosselet, Evelyne Oliel-Grausz pour ECHELLES, et Ingrid Houssay Michienzi (CNRS). Une stagiaire spécialiste du TAL nous a rejoints récemment, Morgane Bona-Pellissier.
En parallèle, je co-dirige le GDR 2092 « Techniques et production dans l’histoire » (TPH) et je suis co-reponsable de la collection « Histoire, Sciences, Techniques, Sociétés », Presses des Mines. Je suis membre de la rédaction d’ Artefact. Techniques, histoire et sciences humaines et de la Revue de Synthèse.
Ouvrages
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Juifs, commerce et industrie entre Paris et Londres au XVIIIe siècle
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Cultures techniques, croyances, circulations de l’Antiquité à nos jours
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Retour sur le nationalisme et l’ethnocentrisme dans l’histoire des techniques
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Mélanges en l'honneur de Patrice Bret
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Transmission et coopération à l’épreuve du terrain (Europe, XVe-XVIIIe siècle)
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Cultures techniques et savoir-faire dans la longue durée
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Revue Artefact n°14
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Revue de Synthèse - Volume 142 (2021): Issue 1-2 (Aug 2021)











